Hier mésestimés, les cursus en alternance commencent à séduire davantage que les filières classiques. Du CAP jusqu’aux diplômes de grandes écoles, tous les profils sont concernés.

D’un côté, la génération Nintendo/réseaux sociaux regimbe devant les cours académiques, aussi magistraux soient-ils ; beaucoup préféraient être dans l’action. De l’autre, les employeurs recherchent de jeunes diplômés ayant déjà tâté la réalité de l’entreprise. Voilà qui contribue à expliquer le succès des cursus en alternance où l’expérience vient bonifier les connaissances.

Des chiffres record

Les derniers chiffres de la Dares en attestent. En 2017-2018, les entrées en apprentissage ont atteint un niveau record : 294 800 jeunes ont intégré le dispositif entre juin 2017 et fin avril 2018, soit une hausse de 2,1 % par rapport à 2016. Les embauches, elles aussi, ont augmenté : + 5,2 % dans le secteur privé, + 7 % dans le public. 

La réforme du secteur présentée le 9 février, en assouplissant les règles jusqu’ici kafkaïennes, vise à encourager les entreprises à recruter davantage de jeunes par ce biais. Mais avant d’atteindre les niveaux de l’Allemagne ou de la Suisse, il reste encore à chasser des idées reçues, tenaces, chez certains jeunes ou leurs parents.

Assurance, énergie, informatique recrutent aussi

Non, l’apprentissage n’est pas une voie de garage pour les derniers de la classe. Les formations s’échelonnent du Cap au Bac + 5. Non, il n’est pas réservé aux garçons même si les filles sont encore minoritaires (38 % des effectifs fin 2016) mais plus on monte dans le niveau des diplômes préparés, plus la parité se rétablit (1). Et non, il n’y a pas que les métiers de bouche et l’hôtellerie qui recrutent. Assurance, banque, informatique, énergie, distribution, logistique embauchent, surtout des alternants du supérieur. Le bâtiment, l’artisanat, l’agroalimentaire et l’hôtellerie-restauration sont, eux, plus demandeurs de diplômes de niveau CAP, bac pro et BTS.

Bien informés, bien orientés

Encore faudrait-il que les intéressés le sachent. Or un élève sur deux s’estime mal accompagné dans ses choix d’orientation (2). Encore faudrait-il qu’ils puissent repérer les métiers précis vers lesquels se tourner. Le BTP ne recrute pas que des maçons, ni le numérique des installateurs de fibre optique.

Divers salons et Les Mercredis de l’apprentissage organisés par les CCI éclaireront leur horizon. Les aspirants apprentis y découvriront que suivre un cursus en alternance, c’est être formés, payés, et avoir 70 % de chances de trouver un emploi dans les 7 mois suivant la fin de leur formation (3).

Ils mesureront aussi que l’alternance c’est du boulot, beaucoup de boulot. « Tous les jeunes ne sont pas prêts pour ce parcours exigeant, prévient Sophie Crespy, directrice CESI École supérieure de l’Alternance. Il nécessite une forte motivation et une bonne maturité, un projet professionnel qui tient la route, une connaissance du métier visé et une projection sur son évolution dans l’entreprise. » Là, les branches professionnelles ont une carte à jouer pour se montrer plus attractives.

Le plus du collectif avec DJANGO | MOVANTA

Django | Movanta surveille ces évolutions de près et conseille des entreprises, interprofessions, fédérations pour les accompagner dans la mise en oeuvre d’actions pour l’attractivité des métiers et l’information des jeunes.

 

©Djangocollectif

 

(1) Source : Direction de l’Evaluation, de la prospective et de la performance, ministère de l’Éducation nationale, octobre 2017

(2) Source : Étude du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) citée par le site Job qui peut !

(3) Source : ministère du Travail, chiffres 2018