Danone mise gros sur le bio, Carrefour se rêve en leader de la transition alimentaire, l’homologue de Picard au Royaume-Uni bannit l’huile de palme. On dirait que le commerce alimentaire « s’écologise » pour de bon.

Finalement, les consommateurs soucieux de manger sain font bouger les lignes, au moins autant que les plaidoyers pour la planète et les réglementations décrétées d’en haut. Tous ces leviers concourent à une transition vers d’autres modes d’alimentation, n’empêche que le fait qu’un géant de l’agroalimentaire comme Danone s’engage à lancer dès cette année des gammes bio pour six de ses marques emblématiques (1) est révélateur du pouvoir de la mythique ménagère. Danone promet en prime que, d’ici à 2025, 100 % des aliments cultivés en France par ses producteurs partenaires seront issus d’une agriculture durable. Cette noble ambition n’est sans doute pas étrangère à la volonté de grands distributeurs de pousser puissamment le bio. Carrefour, par exemple, compte quadrupler son chiffre d’affaires dans ce secteur et lui faire atteindre les 5 milliards d’euros en 2022. Iceland, l’équivalent de Picard au Royaume-Uni, vient lui aussi de prendre une décision radicale : il supprimera l’huile de palme de tous les produits de sa marque distributeur d’ici à la fin de l’année 2018. 130 produits sont concernés. Bien, au suivant ! Même si, à ce compte-là, on se demande ce que vont devenir les Biocoop, Bio C’ Bon et autres Nouveaux Robinson.   (1) Blédina, Danone, Danonino, Evian, Volvic et Alpro